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Césarienne et santé primale

Césarienne et santé primale

d’après le Dr Michel Odent*

Résumé : Une naissance par césarienne a des conséquences durables sur le développement de l’enfant. Aux risques accrus d’affections somatiques telles que l’asthme s’ajoutent les troubles du comportement que le Dr Michel Odent définit par une « altération de la capacité d’aimer ».

Quel est l’effet d’une naissance par césarienne sur la santé globale d’un enfant ? Cette question n’est que rarement posée parce qu’elle met implicitement en cause le pouvoir que le corps médical s’octroie sur le processus naturel de l’accouchement et impose comme modèle de référence. Les travaux du Dr Michel Odent soulignent au contraire qu’une naissance naturelle est par elle-même laréférence et qu’il nous revient de nous libérer de notre compulsion à en perturber la physiologie. Ses recherches en santé primale mettent en évidence certaines des corrélations existant entre les circonstances de la période de la vie qu’il nomme primale – incluant la vie fœtale, la naissance et la première année de l’enfant – et la santé globale des personnes parvenues à l’âge adulte. Son site Primal Health Research (1) contient des sources et des résumés d’études publiées dans la littérature médicale qui font état de telles corrélations. Vu l’engouement que suscite aujourd’hui la césarienne dans certains milieux, il n’est guère surprenant qu’un nombre relativement faible de publications porte directement sur les effets à long terme de cette opération. Les données épidémiologiques les plus significatives concernent les affections respiratoires, en particulier l’asthme de l’enfance et de l’âge adulte.

Césarienne et asthme

Dans une étude finlandaise portant sur un groupe d’adultes âgés de 31 ans, les sujets nés par césarienne furent diagnostiqués comme asthmatiques trois fois plus fréquemment que les autres à l’âge adulte (2). Les complications à la naissance en général et la césarienne en particulier sont apparues comme des facteurs de risques pour l’asthme infantile dans une autre étude réalisée par les mêmes chercheurs auprès d’enfants de 7 ans (3). Une troisième, également finlandaise, portant sur les registres de naissance de 60’000 enfants nés en 1987, confirme que la naissance par césarienne peut être associée à une prévalence accrue d’asthme de l’enfance (4). Il est par ailleurs établi que les difficultés respiratoires du nouveau-né sont plus fréquentes après une césarienne programmée, sans travail, qu’après une naissance par voie vaginale ou une césarienne en cours de travail. D’après certains travaux, les hormones libérées au cours de l’accouchement contribuent à achever la maturation des poumons. Il est donc concevable qu’un bébé né sans travail souffre de difficultés respiratoires par la suite.

Du fait notamment que la recherche en santé primale est une discipline récente, la plupart des protocoles d’études explorant les facteurs de risques qui entourent la naissance utilisent des concepts imprécis tels que « complications à la naissance ». Il est donc difficile de trouver une évaluation spécifique des risques associés à l’opération césarienne et a fortiori de ceux qui découlent plus directement d’une césarienne programmée. Dans une étude britannique par exemple, les enfants dont la mère a souffert d’une dépression après l’accouchement présentent plus de comportements qualifiés de violents à l’âge de 11 ans, mais les circonstances de l’accouchement ne sont pas rapportées (5).

Quelques recherches montrent par ailleurs que les femmes accouchant par césarienne souffrent plus de dépression que les autres (6). Il est donc possible d’avancer que le contexte général d’une naissance par césarienne peut être mis en corrélation avec des symptômes par lesquels la société définit aujourd’hui la violence dite juvénile, mais aucun chercheur ne s’aventure à faire ce lien direct pour l’instant. À plus forte raison, il n’existe aucune évaluation des risques dans le cas précis d’une césarienne élective programmée.

Altération de la capacité d’aimer

Les conséquences d’une naissance par césarienne sur le développement global de la personnalité sont mieux comprises par ce que Michel Odent appelle une altération de la capacité d’aimer. Cette expression recouvre des troubles aussi variés que les difficultés à être en relation ou à s’aimer soi-même, les comportements autodestructeurs comme les toxicomanies ou les conduites suicidaires, l’anorexie mentale ou encore l’autisme. Cette dernière affection, objet des premières recherches menées dans une perspective de santé primale par l’éthologue Niko Tinbergen et sa femme, peut servir d’exemple pour comprendre quels facteurs altèrent notre capacité d’aimer.

Familiers de l’observation des comportements animaux, les Tinbergen se sont intéressés au langage non verbal des enfants autistes et ont identifié dans la période périnatale une liste de facteurs qui prédisposent à cette maladie : le déclenchement de l’accouchement, un accouchement sous anesthésie, le recours aux forceps ou encore une réanimation à la naissance (7). Ces interventions avaient en commun de perturber l’établissement du lien entre l’enfant et sa mère dans la première heure qui suit la naissance. Il fallut attendre 2002 pour qu’une étude épidémiologique suédoise confirme que l’incidence de l’autisme était significativement plus importante parmi les enfants nés par césarienne et parmi ceux qui présentaient des symptômes de souffrances néonatales, sans toutefois différencier l’impact d’une césarienne d’urgence et celui d’une césarienne programmée sans travail (8). Plus récemment, une étude australienne a pu déterminer qu’une césarienne programmée multipliait par plus de deux fois l’incidence de l’autisme et une césarienne d’urgence par une fois et demie. D’autres complications périnatales furent également corrélées avec une incidence accrue de l’autisme chez l’enfant (9).

Le lien mère-enfant

La capacité naturelle de la mère à être présente à son bébé au cours de l’accouchement et dans les instants qui suivent la naissance est déterminante pour l’équilibre de l’enfant, en particulier pour son aptitude future à établir des relations heureuses avec son entourage. À l’inverse, toute perturbation des processus physiologiques à l’œuvre pendant l’accouchement a des conséquences durables sur le développement de sa personnalité. Lors d’une césarienne, le choc opératoire et même la seule anesthésie – qu’elle soit générale ou régionale – altèrent brutalement le comportement maternel. Chez les singes utilisés en laboratoire, les femelles ne s’occupent guère de leurs petits après une césarienne et le personnel doit répandre des sécrétions vaginales sur le corps des nouveaux-nés pour tenter d’éveiller leurs instincts maternels (10). L’aptitude de l’espèce humaine à élaborer des stratégies culturelles pour s’adapter aux perturbations infligées aux processus physiologiques ne peut que pallier la perte des repères naturels et non leur substituer de nouveaux modèles.

Lorsque le bébé vient au monde d’une façon naturelle, la flore intestinale maternelle colonise immédiatement le corps du nouveau-né et lui assure une protection immunitaire. Guidé par l’odeur de sa mère, elle-même particulièrement sensible à celle du bébé, l’enfant se dirige instinctivement vers le sein maternel. Les différentes hormones libérées pendant l’accouchement jouent un rôle spécifique dans l’initiation de la lactation et de la relation d’allaitement, si importante pour le développement harmonieux de l’enfant. Le nouveau-né peut alors demeurer sereinement au contact de sa mère, peau contre peau, dans la chaleur de la présence maternelle.

Difficultés d’allaitement

Une naissance par césarienne se présente de manière radicalement différente. Le nouveau-né entre directement en contact avec les microbes – souvent pathogènes – de l’environnement hospitalier et des membres de l’équipe médicale, contre lesquels lui sont administrés des antibiotiques. D’après une étude finlandaise datant de 1999, la flore intestinale des bébés nés par césarienne est toujours perturbée à l’âge de six mois, ce qui pourrait expliquer un risque accru d’allergie alimentaire (11). Selon des recherches plus récentes, l’effet de ces perturbations est encore perceptible chez des enfants de 7 ans (12). Jusqu’à une époque récente, l’enfant était presque systématiquement séparé de sa mère après une césarienne et cette dernière n’était pas encouragée à allaiter. Avec la généralisation des péridurales et des rachianesthésies, certaines femmes peuvent aujourd’hui donner le sein alors qu’elles sont encore sur la table d’opération. Mais les conséquences de l’intervention chirurgicale pour la mère et les traitements postopératoires infligés à l’enfant ne leur permettent pas de jouir longtemps de cette intimité (13). Dans le cas d’une césarienne programmée, ni la mère, ni le bébé n’ont pas eu l’occasion de mettre en jeu les hormones qui sont impliquées à la fois dans l’accouchement et dans la lactation. C’est pourquoi une césarienne sans travail est associée à des risques accrus de difficultés d’allaitement.

Au Brésil où les taux de césariennes sont parmi les plus élevés du monde, la promotion de l’allaitement maternel a été institutionnalisée. Bien que ce programme soit remarquable par son ampleur, la durée moyenne de l’allaitement maternel exclusif et la durée moyenne totale de l’allaitement restent très en dessous des recommandations de l’OMS (13). Une étude réalisée en 2004 dans une zone urbaine de l’état de Sao Paulo montre que les enfants nés par césarienne sont sevrés plus tôt que ceux qui naissent par voies naturelles (14). Par contraste, dans une autre étude conduite en Arabie Saoudite où 40 % des bébés sont encore nourris au sein à douze mois, la césarienne apparaît comme le principal facteur associé à l’interruption précoce de l’allaitement (15). Toutes ces données confirment qu’il est important de respecter le processus physiologique de l’accouchement, notamment dans la perspective d’un allaitement maternel exclusif prolongé.

Une physiologie perturbée

De nombreuses études démontrent que la physiologie du bébé est perturbée par la césarienne, particulièrement par une césarienne programmée sans travail. Le processus de l’accouchement est en lui-même bénéfique pour le système immunitaire, pour le bon fonctionnement de la respiration ou encore pour celui du cœur. Lorsque le nouveau-né en a été privé, ses réponses immunitaires sont déficientes. Comme ses bronches n’ont pas pu évacuer les sécrétions pulmonaires lors des contractions utérines, le personnel soignant doit aspirer ces liquides mécaniquement pour dégager les voies respiratoires. Une oxygénation artificielle est aussi pratiquée et, dans certains cas, le bébé doit être réanimé. Les interventions post-opératoires de routine comprennent le sondage de son estomac pour prévenir les risques d’infection et l’injection d’air pour vérifier la perméabilité de l’œsophage. Une palpation cardiaque régulière est aussi nécessaire (16).

Toutes ces manipulations sont destinées à pallier les multiples perturbations que le contexte de l’opération césarienne inflige à la physiologie de l’accouchement. Elles sont imposées à l’enfant dès son extraction du ventre maternel, alors qu’il est en pleine possession de sa sensibilité et qu’il vient d’être privé de sa capacité à naître par les voies naturelles. L’empreinte de ce traumatisme sur son développement psycho-affectif le conduira à remettre en scène ces souffrances d’une manière spécifique, dans les multiples situations symboliques de la naissance qui jalonneront sa croissance.

d’après le Dr Michel Odent

(adaptation et rédaction M.A. Cotton)

*Le Dr Michel Odent est chirurgien et obstétricien. Il est le fondateur du Primal Health Research Centre de Londres et l’auteur de nombreuses publications. Les informations condensées dans le présent article sont pour une bonne part extraites de son récent livre Césariennes : questions, effets, enjeux – Alerte face à la banalisation, éd. Le Souffle d’Or, 2005, particulièrement les chapitres 8 à 12.

Notes :

(1) Dr Michel Odent, Primal Health Research,http://www.primalhealthresearch.com/.

(2) Xu B. et al., Caesarean section and risk of asthma and allergy in adulthood, The Journal of Allergy and Clinical Immunology, avril 2001, 107(4) : 732-3, http://www.primalhealthresearch.com….

(3) Xu B. et al., Obstetric complications ad asthma in childhood, The Journal of Asthma, 2000, 37(7) : 589-94,http://www.primalhealthresearch.com….

(4) Kero J. et al., Mode of delivery and asthma – is there a connection ?, Pediatric Research, juillet 2002, 52(1) : 6-11,http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/….

(5) Hay D. et al., Pathways to violence in the children of mothers who were depressed postpartum, Developmental Psychology, nov. 2003, 39(6), 1083-1094. http://content.apa.org/journals/dev….

(6) D’après une étude australienne, le risque de dépression maternelle serait multiplié par 7 en cas de césarienne, mais le Dr Odent ne mentionne pas la source de cette étude. Césariennes : questions, effets, enjeux. Alerte face à la banalisation, éd. Le Souffle d’Or, 2005, p. 63.

(7) Tinbergen N. et Tinbergen A., Autistic Children, Allen and Unwin, London, 1983.

(8) Hultman C. M. et al., Perinatal risk factors for infantile autism, Epidemiology, 2002, 13 : 417-423,http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/….

(9) Glasson E. J. et al., Perinatal factors and the development of autism : a population study, Archives of General Psychiatry, juin 2004, 61(6) : 618-27,http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/….

(10) Lundbland E. G. et al., Induction of maternal-infant bonding in rhesus and cynomolgus monkeys after caesarian delivery, Laboratory Animal Science, 1980, 30 : 913.

(11) Gronlund M. M. et al., Fecal microflora in healthy infants born by different methods of delivery : permanent changes in intestinal flora after cesarean delivery, Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition, janvier 1999, 28(1) : 19-25, PubMed 9890463.

(12) Salminen S. et al., Influence of mode of delivery on gut microbiota composition in seven year old children, Gut, 2004, 53 : 1388-1389,http://gut.bmjjournals.com/cgi/cont….

(13) Marques N. M. et al., Breastfeeding and early weaning practices in northeast Brazil : a longitudinal study, Pediatrics, octobre 2001, 108(4) : E66. http://pediatrics.aappublications.o….

(14) Figueiredo M. G. et al., Rapid assessment of current infant feeding practices in Sao Jose do Rio Preto, Sao Paulo, Brazil, Cadernos de Saude Publica, janvier-février 2004, 20(1) : 172-9, PubMed 15029318.

(15) Shawky S., Maternal factors associated with the duration of breastfeeding in Jeddah, Saudi Arabia, Paediatric and Perinatal Epidemiology, janvier 2003, 17(1) : 91-6, PubMed 12562476.

(16) Le lien suivant permet de réaliser l’ampleur des tortures infligées aux bébés mis au monde par césarienne :http://www.perineology.com/mac/prem….

Rupture prématurée des membranes à terme

La rupture prématurée des membranes à terme : risque et impatience

La plupart des femmes perdent les eaux vers la fin de leur travail. Cependant, pour une certaine minorité, la rupture de la poche des eaux arrive avant le tout début du travail. La prise en charge standard dans cette situation est de diriger ou déclencher le travail en utilisant des prostaglandines et/ou de l’ocytocine pour stimuler les contractions. Les femmes qui choisissent d’attendre s’entendent souvent dire que leur bébé a des risques accrus d’infection et sont fermement incitées à avoir une perfusion d’antibiotiques pendant le travail (en France, ce choix ne leur est pas donné explicitement). Dans mon expérience, la plupart des femmes acceptent le déclenchement plutôt que d’attendre. Je me demande combien de ces femmes feraient un choix différent si elle savait qu’il n’y a pas de risque accru d’infection pour leur bébé ?

La précipitation pour déclencher le travail et faire sortir le bébé après la rupture des membranes est assez récente. Quand j’ai eu mon diplôme en 2001 l’attitude standard en Grande Bretagne pour une femme qui appelait au téléphone pour dire qu’elle avait perdu les eaux (tout étant normal par ailleurs) était : « si vous n’êtes pas en travail dans 3 jours rappelez nous pour un RV » Les années suivantes on est passé de 72h à 48h, puis 24h, puis 18h, puis 12h et maintenant 0h. Vous auriez tort de penser que ce changement d’attitude s’est basé sur des données nouvelles à propos des dangers d’attendre le début du travail.

Cet article se base principalement sur une série de revue Cochrane parce que les hôpitaux sont censés baser leur protocoles sur les données de la recherche. Les obstétriciens ont aussi un grand respect de celles ci. Certainement plus que d’autres formes de savoir souvent utilisés par les sages-femmes (expérience, intuition etc…)  J’ai remarqué qu’une « bonne » revue de la recherche présentée avec un sourire fait des miracles quand on veut aller contre une norme institutionnelle. Cependant, notez que la qualité d’une revue de la littérature est à la mesure des études qu’elle passe en revue. En matière de recherche, les questions posées, les méthodes utilisées nous disent beaucoup sur le contexte socioculturel du savoir qui est évalué. Par exemple dans la plupart des études le groupe « expectative » est le groupe expérimental et le groupe « conduite à tenir habituelle » (qui a été introduite auparavant sans preuves avérées) est le groupe contrôle.

Résultats : prise en charge active du travail vs expectative

Pour les bébés

Une revue de la base Cochrane ( Cochrane review) comparant une prise en charge active du travail à l’expectative conclut que « moins d’enfants ont eu besoin de soins intensifs en néonatologie dans le groupe « prise en charge active » bien qu’on ait retrouvé aucune différence pour les taux d’infection néo natale entre les deux groupes » Regardons cela d’un peu plus près.  On retrouve plus d’enfants nécessitant des soins intensifs en néonatologie si leur mère a attendu la mise en route naturelle de son travail après la rupture. Ce n’est pas surprenant si on considère les protocoles envoyant de façon routinière les nouveaux nés à la nurserie pour les « observer » après une rupture prolongée des membranes. Ce qui est significatif c’est qu’il n’y a pas d’augmentation des taux d’infection néonatale pour ces bébés. Classiquement ces bébés sont séparés de leur mère sans raisons pour être observés « au cas où ». Les conséquences de cette séparation inutile pour : le bébé, la mère et l’allaitement, ne sont pas prises en compte en dépit des preuves  prônant le peau à peau. Laisser le bébé en peau à peau ininterrompu réduit le risque d’infection grâce à la colonisation du bébé par les bactéries de sa mère (qu’il connait déjà et avec lesquelles il « sait vivre »), réduit le stress et favorise la mise en route de l’allaitement. Même si il y a des inquiétudes au sujet du bébé, la mère est sans doute la personne la mieux placée pour « observer » le bien être de son bébé.

Pour les mères

La base Cochrane a trouvé une légère augmentation dans le risque d’endométrite chez les femmes pour qui on a attendu que le travail se déclenche. Le risque est minime et vous devez déclencher 50 femmes pour éviter 1 infection. En plus ces études sont réalisées à l’hôpital qui n’est pas le lieu idéal pour éviter les infections. N’oublions pas non plus qu’une endométrite peut être traitée.

L’expérience : prise en charge active du travail vs expectative

Seulement une étude de la revue Cochrane s’est préoccupée de ce que pensaient les femmes de leur expérience (pas de surprise sur ce point). Dans cette étude, les femmes qui avaient eu leur travail dirigé ont eu tendance à cocher la case disant qu’il n’y avait « rien qui leur avait déplu dans leur prise en charge ». L’utilisation d’études pour évaluer les expériences comporte beaucoup de limites, et une bonne étude qualitative est nécessaire pour cela. Par exemple comment une femme peut elle comparer une expérience (déclenchement) à une autre qu’elle n’a pas vécu (un travail physiologique) ?- vous ignorez ce que vous ignorez. Ainsi, une femme croyant qu’elle protège son bébé en acceptant que son travail soit dirigé, ne dénigrera à mon avis sûrement pas cette approche. La revue Cochrane précise qu’il n’y a pas d’étude sur les impressions maternelles au sujet de leur prise en charge ni sur la dépression post natale. Dommage.

Les antibiotiques : juste au cas où ?

La revue Cochrane au sujet des antibiotiques pour la rupture prématurée des membranes à terme conclut que : « aucune recommandation claire ne peut émerger des résultats de cette revue de la recherche sur cette question clinique importante, ceci dû au manque de données fiables. Des études plus précises randomisées contrôlées sont nécessaires pour évaluer les effets de l’utilisation systématique des antibiotiques chez les femmes ayant une rupture prématurée des membranes à terme avant travail »

Il apparait donc que les femmes et les bébés reçoivent de hautes doses d’antibiotiques pendant le travail sans preuves pour étayer cette pratique. En plus ces ATB pourraient avoir à court et long terme des effets secondaires. Lorsque j’étais étudiante, une mère m’a interrogé sur ce qui se passerait si son bébé (in utéro) était allergique aux ATB. Je n’ai pas su lui répondre et j’ai demandé à un référent…après une réponse longue et compliquée j’ai réalisé qu’il ne savait pas non plus. Je me demande si la plupart des effets secondaires ne sont pas plus subtiles qu’un choc anaphylactique. L’effet que je rencontre le plus est le muguet buccal chez le bébé et les problèmes d’allaitement relatifs à celui-ci.

Choisir d’attendre

En référence à la revue Cochrane à propos de déclenchement vs expectative : « comme l’expectative n’est sans doute pas si différente de la prise en charge active du travail, les femmes doivent recevoir une information appropriée pour faire un choix éclairé ». Je ne suis pas sûre que la plupart des femmes reçoivent cette information mais plutôt qu’on leur dit que leur bébé courre un risque. Nous savons tous qu’une femme peut faire n’importe quoi si elle croit que c’est dans l’intérêt de son enfant. Qu’est ce qu’il se passe si une femme choisit d’attendre que son travail démarre ?

La plupart (95%) des femmes vont entrer en travail dans les 24h suivant la rupture de leurs membranes. Quelques unes vont attendre un peu plus longtemps. Ashlee, que j’ai récemment suivie pour son accouchement m’a autorisée à partager son expérience et ses photos. La fille d’Ashlee, Arden a appris à sa famille et à leur sage-femme la patience et la confiance. Nous avons attendu 63h entre la rupture de la poche des eaux et son arrivée dans le monde. Après un travail de 2h20 elle est née en douceur dans l’eau et dans les bras de sa mère (remarquez le cordon autour du cou). Je me demande comment aurait été cette naissance si Ashlee avait choisi de suivre les protocoles hospitaliers. Au lieu de cela elle a comparé le faible risque d’endométrite (qui peut être traité si besoin) avec les risques du syntocinon (cf syntocinon) et du RCF continu pour elle et son bébé. Elle a choisi de rester à la maison avec ses propres bactéries et de  laisser sa fille décider quand elle serait prête à naitre.

Suggestions pour attendre

  • Encourager la mère à voir les choses positivement. Nous avons ainsi tout le temps pour préparer la naissance et l’arrivée du bébé. Elle peut passer le temps à se détendre, dormir et se faire dorloter.
  • Le vagin se « nettoie » vers le bas. Réduisez le risque infectieux en ne pratiquant aucun toucher vaginal. Si un TV est nécessaire utilisez absolument un gant stérile. Certaines femmes aiment aussi « booster » leur immunité avec des suppléments alimentaires (vitamine, ail, échinacée).
  • Encourager la mère à être attentive, connectée à son bébé et à vous communiquer chaque changement par ex. si elle ne se sent pas bien, si elle a de la température, si le liquide change de couleur ou d’odeur, si les mouvements du bébé diminuent etc..
  • J’ai remarqué que l’acupuncture et la méthode Bowen (http://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=technique_bowen_th) stimulent les contractions. Cependant si le col n’est pas prêt, les contractions vont tourner court. Si le col est prêt cela peut suffire à lancer le travail. La stimulation des mamelons va aussi stimuler l’ocytocine (ainsi que la stimulation du clitoris)
  • Le plus important est de faire confiance au processus : l’accouchement va venir.
  • Une fois que le bébé est né, garder la mère et l’enfant ensemble en peau à peau pour réduire le risque d’infection (ceci vaut pour toutes les naissances)

Résumé

Il n’y a pas de risque accru d’infection pour le bébé après une rupture des membranes avant travail. Il y a une très légère augmentation du risque d’infection utérine pour la mère. Celle-ci pourra être diagnostiquée et traitée si besoin. Donner des antibiotiques « au cas où » n’est pas recommandé au vu de la recherche actuelle et peut causer des problèmes à la mère et à l’enfant. Les femmes doivent recevoir l’information complète pour pouvoir prendre leur décision à propos de la prise en charge médicale ou non de cette situation. Les femmes qui choisissent d’attendre le début du travail devraient être encouragées à le faire. Les bébés ne devraient pas être séparés de leur mère « au cas où ».

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https://midwifethinkingfrench.wordpress.com/2011/02/24/la-rupture-prematuree-des-membranes-a-terme-risque-et-impatience/

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Orgasme et accouchement … Réflexe d’éjection

Combien de temps l’espèce humaine pourra t’elle survivre sans amour ?
 
Voilà une question qui m’a interpellé lorsque j’ai lu les premières pages du livre « Fonctions des orgasmes » du Dr Michel ODENT.
 
Je vous propose de découvrir ici les grandes idées présentées dans son ouvrage.
 
Le réflexe d’éjection du fœtus
 
L’orgasme génital et l’accouchement présentent de nombreuses similitudes dans leur fonctionnement. Nous pourrions dire que les deux s’appuient sur les mêmes mécanismes.
 
Même si cela est peu connu, de nombreuses femmes témoignent d’un état extatique ou d’un orgasme lors de la naissance de leur enfant par voie naturelle.
 
Tout comme l’orgasme génital nécessite un profond abandon de soi, il existe un « réflexe d’éjection du fœtus » qui nécessite un profond relâchement de la femme en travail. Celui-ci peut se faire lors d’un accouchement physiologique (hors péridural et hors césarienne), et se trouve favorisé par les conditions suivantes :
 
Parler le moins possible pour réduire à son minimum les processus mentaux de la femme en travail
Préférer une lumière basse, en plaçant par exemple quelques bougies uniquement
Laisser la femme se mettre dans la position que son corps lui indique intuitivement (une bonne capacité d’écoute à son corps pouvant être favorisée par la pratique du Yoga pendant les mois qui précédent, par exemple)
Laisser faire les mouvements qui viennent naturellement, sans contraintes
Laisser la femme crier comme elle le souhaite, quelque soit le vocabulaire utilisé !
L’accouchement devra avoir lieu dans un environnement dans lequel la femme se sentira en sécurité et à son aise
Peu de personnes autour et pas de caméra si cela la met mal à l’aise
Tout comme pour un orgasme génital, intervenir ou parler réactive le mental, ce qui coupe le processus naturel. Ainsi, pour que le réflexe d’éjection du fœtus puisse avoir lieu, il est important que la femme ne se sente ni observée, ni jugée. Il est nécessaire qu’elle se sente profondément libre de ses actes.
 
Le rôle des hormones
 
Dr Michel ODENT nous dit « Dans une perspective hormonale, les similarités entre le réflexe d’éjection du fœtus, le réflexe d’éjection du sperme, l’orgasme génital féminin et le réflexe d’éjection du lait son évident.
Le même « cocktail orgasmogénique » est impliqué dans tous les épisodes de la vie sexuelle. Ce cocktail inclut toujours la libération d’ocytocine, l’hormone du calme et de l’amour, et la libération de morphines naturelles, suivies de la libération de prolactine » (Extrait, p. 76).
 
L’hormone la plus importante de toutes est certainement l’ocytocine car celle-ci est fondamentale dans la création du lien d’amour mère-enfant. L’auteur nous indique : « Nous pouvons raisonnablement prétendre que le pic le plus élevé d’hormone de l’amour qu’une femme a la capacité de libérer pendant toute sa vie se situe immédiatement après la naissance du bébé » (Extrait, p. 28).
 
Il nous explique par ailleurs qu’il a été observé que « quand l’accouchement des mammifères non humains est perturbé, les effets sont immédiatement et facilement décelables (…). Par exemple, quand les autres mammifères accouchent par césarienne ou avec une péridurale, la mère, en générale, ne s’intéresse pas à ses bébés« (Extrait, p. 139).
Ce phénomène est, bien entendu, beaucoup moins contrasté chez les humains car nous sommes « directement influencés par le milieu culturel » et par notre mental. Par extrapolation, nous pouvons toutefois nous interroger sur les conséquences sur l’humanité de la multiplication des accouchements par césarienne et avec péridurale.
 
Lors de l’accouchement, une seconde hormone peut intervenir : l’adrénaline. Elle peut voir deux conséquences :
 
Libérée avant le début du travail, elle pourra avoir pour conséquence de le retarder. C’est ce qu’il peut arriver en cas de danger à l’entour, par exemple en temps de guerre.
En revanche, si le danger apparaît alors que le travail a débuté, une libération naturelle d’adrénaline pourra accélérer le processus.
La connexion entre la mère et le bébé
 
De tout temps et dans toutes les civilisations, l’Homme a inventé des rituels et a développé des croyances qui, in fine, coupent le lien entre la mère et l’enfant juste après l’expulsion. Hors, celui-ci est primordial pour que l’enfant se sente accueilli, d’une part, et pour que la mère développe et libère tout son amour d’autre part.
 
L’importance de cette connexion a été mise en évidence dans les années 70. Elle est pleinement altérée lors des accouchements par césarienne, où l’enfant est amené rapidement dans une autre pièce que le bloc opératoire où se trouve la mère.
 
Dr Michel ODENT nous dit : « Dans le cas particulier des minutes qui suivent la naissance, l’hormone « timide » (l’ocytocine) ne se montre qu’à condition qu’il fasse suffisamment chaud, et que la mère ne soit nullement distraite alors qu’elle découvre son bébé par le contact de peau à peau, le croisement des regards, et aussi le sens de l’odorat » (Extrait, p. 29).
 
« Cela va de pair avec le rituel très répandu qui consiste à se dépêcher de couper le cordon« (Extrait, p. 35) et « toutes les croyances visant à interdire le bébé du colostrum et à limiter la durée de l’allaitement« (Voir chap. VI).
 
L’amour et son avenir
 
Dr Michel ODENT nous présente deux scénarios de l’avenir de l’amour : un pessimiste et un optimiste.
 
Il nous dit « Dans le contexte actuel, il y a de sérieuses raisons d’être pessimiste en ce qui concerne l’avenir de l’amour. (…) Il n’est plus nécessaire d’opposer les accouchements par voie vaginale et les accouchements par césarienne. Il convient plutôt de proposer une nouvelle classification simplifiée de la naissance des bébés (…)d’une part, les naissances qui impliquent la libération d’hormones de l’amour (…) d’autre part, celles qui n’impliquent pas la libération de telles hormones. » (Extrait, p. 128) C’est le cas des « naissances (…) contrôlées par des substituts pharmacologiques » (Extrait, p. 129).
 
Mais il nous dit également que « Les scénarios optimistes impliquent que les générations futures réaliseront que l’inutilité des hormones de l’amour est l’aspect le plus inquiétant de la domination de la nature » (Extrait, p. 131). Ainsi, tout se joue dans les prises de consciences individuelles, pour une transformation collective.
 
Conclusion
 
Dans son livre, Michel ODENT nous rappelle toute la dimension sacrée de l’accouchement physiologique. Il nous présente également l’importance du lien d’amour mère-enfant qui se créé particulièrement lors d’un accouchement naturel, par la libération d’un important flux hormonal d’ocytocine. Celui-ci a lieu après le « Réflexe d’éjection du fœtus ». Il ne se produit pas dans le cas d’accouchements avec péridurale ou avec césarienne.
 
Il indique l’importance de ce niveau de conscience pour l’avenir de l’Amour au sein de l’humanité.
 
Il conclut un précisant que « les femmes qui ont besoin de césariennes ou de médicaments pour mettre au monde leurs bébés ne doivent pas se sentir coupables. Elles ne doivent pas trop s’inquiéter pour l’avenir de leurs bébés en tant qu’individus : grâce au milieu culturel dans lequel ils évoluent, les êtres humains ont d’énormes capacités d’adaptation. » (Extrait, p. 144).
 
Il termine en disant que « ces mères doivent accepter comme tout le monde que les questions se posent en termes de civilisation » (Extrait, p. 145).
 
A titre personnel, je souhaite rajouter de la modération aux propos de l’auteur. Peut-être a-t-il souhaité volontairement être percutant dans sa prise de position pour faire évoluer les mentalités.
 
Il m’apparaît en effet important de souligner que le choix du mode d’accouchement (physiologique, péridurale, césarienne) est très personnel et doit être respecté pour le plus grand bien du nourrisson et de la mère. De plus, certains accouchements nécessitent d’être médicalisés. Il n’en demeure pas moins que les bébés sont accueillis dans l’Amour.
 
Un livre passionnant que je vous invite à découvrir : « Fonctions des orgasmes« , de Dr Michel ODENT 
http://blogdudevperso.com/espece-humaine-sans-amour/

Descente de bébé dans le bassin maternel

 Etape clef de l’accouchement après la dilatation du col, la descente du bébé dans le bassin est la dernière ligne droite avant le moment ultime de la naissance, l’expulsion. Pour vous et surtout votre bébé, la traversée de ce passage n’est pas toujours chose aisée. Explications avec Elisabeth Lathuille, sage-femme libérale.

Petit rappel sur l’anatomie du bassin

Le bassin est divisé en deux parties : le grand bassin qui contient l’utérus et les intestins et le petit bassin, conduit osseux que le bébé va devoir franchir le jour J. Le petit bassin est composé de trois parties :

– le détroit supérieur, ouverture haute du petit bassin

– l’excavation pelvienne, un cylindre coudé rétréci dans le bas (en raison des épines vertébrales) au niveau du détroit moyen

– le détroit inférieur, orifice inférieur du bassin

Ces détroits ont des diamètres, des formes et des axes différents. « C’est un véritable « gym cana » que bébé va pouvoir emprunter avec agilité dès lorsque sa mère est en mobilité. Dans le cas contraire, le trajet n’est pas facilité. », explique Elisabeth Lathuille. Heureusement, grâce aux ligaments qui articulent les os entre eux, le bassin dispose d’une marge de mobilité, d’autant que sous l’effet des hormones « relaxines » de la grossesse ces ligaments deviennent plus souples. Le nouveau-né lui aussi va travailler en adaptant sa position aux différents détroits. Son crâne, dont les os ne sont pas encore soudés, va parallèlement se modeler pour passer plus facilement. Un vrai travail d’équipe !

Accouchement : comment se passe la descente du bébé dans le bassin ?

Au fur et à mesure du travail, le bébé descend, poussé vers le bas par les contractions. Deux cas de figure : il entame sa progression dans le détroit supérieur en même temps que la dilatation du col ou seulement après dilatation complète. Le bébé va alors devoir franchir différentes phases :

– le détroit supérieur (DS) Le bébé doit se placer en diagonal afin de bénéficier du plus grand diamètre de ce passage qui a la forme d’un cœur. Les os du bassin vont eux aussi bouger. « Ils s’agrandissent de manière significative si vous positionnez vos genoux en ouverture, plus large que le bassin (en tailleur) », note la sage-femme.

– le détroit moyen (DM) Pour traverser ce passage intermédiaire, le bébé doit se remettre droit, dos en avant en s’appuyant sur le toboggan et fléchir la tête menton contre poitrine. C’est ainsi qu’il peut présenter la partie la plus étroite de son crâne et passer les épines sciatiques. « Fermez vos genoux et ce rétrécissement naturel s’agrandira de plus d’1 cm et facilitera la descente de bébé ! », conseille la pro.

– le détroit inférieur (DI) Pour franchir ce détroit plus large que le précédent, le bébéva appuyer sur le coccyx pour le rejeter en arrière et prendre appui sous la symphyse pour chercher à sortir la tête hors du périnée superficiel.

Ce processus de descente du bébé dans le bassin dure de quelques heures dans les cas difficiles à 30-40mn dans les naissances simples. Une fois dans le détroit inférieur, le bébé n’a plus qu’à franchir la vulve pour naître, aidé par vos efforts de poussée et par la sage-femme ou l’obstétricien.

 

Que ressent-on lors de la descente du bébé dans le bassin ?

A mesure que bébé progresse dans le bassin, la pression se fait de plus en plus forte. Le bébé va venir appuyer sur les muscles du périnée profond et le rectum, déclenchant le réflexe de pousser. « C’est une sensation surprenante mais bienvenue, car elle annonce la venue imminente du bébé ! Accompagnez tranquillement par le souffle ce besoin de sortie vers le bas et si vous êtes seule, appelez la sage-femme », recommande la sage-femme.

Peut-il y avoir des obstacles à la descente du bébé dans le bassin ?

En fin de grossesse, votre sage-femme ou gynécologue va réaliser un examen clinique de votre bassin avec un toucher vaginal afin d’évaluer les différentes largeurs du bassin. En cas de doute un examen complémentaire (radiopelvimétrie) vous sera prescrit. Le jour J, la position du bébé joue également sur sa bonne progression dans le bassin. « Tout est une question d’accommodation entre le « mobile fœtal » et le bassin osseux et musculaire. », souligne notre expert. Or, l’immobilité et la position couchée – souvent adoptée en cas de péridurale – ne sont pas l’idéal pour favoriser cette bonne accommodation. « La position en décubitus dorsale est à éviter au maximum, même lors de l’expulsion ! Elle diminue l’oxygénation de bébé, freine son engagement aux épines, coince le sacrum et augmente les déchirures du périnée. » Autre obstacle possible, psychique celui-là : les peurs. « Elles vont avoir une incidence sur l’ensemble du processus, l’inconscient cherchant pour « notre bien » à retarder le moment redouté. », analyse la spécialiste.

 

Quelles sont les positions qui favorisent la descente dans le bassin ?

« La liberté de mouvement et sa spontanéité sont l’idéal pour favoriser la descente du bébé dans le bébé », insiste la sage-femme. Ses conseils sur les différentes positions à adopter :

– préservez au maximum les positions plutôt verticales et actives « Les positions debout (l’effet de gravité favorise la descente du bébé) sont souvent préconisées en pré-travail et début de la phase active (jusqu’à 5-6cm). La marche permet un assouplissement du détroit supérieur. Les escaliers aident, par le déhanchement, à engager bébé dans la partie haute du bassin et également dans sa rotation nécessaire pour les épines. Les positions en suspension vont libérer le bassin et le périnée. Elles sont souvent couplées à des positions accroupies qui vont libérer le bassin et agrandir le détroit supérieur, puis faciliter la progression du bébé dans les deux premiers détroits. Si les épines sont étroites ou que « ça coince », changez de positions (genoux fermés) pour le reste de la progression ! »

– aménagez-vous des positions plus « passives »  

« La position à genoux agrandit le détroit supérieur si les genoux sont ouverts, le détroit moyen s’ils sont collés. Debout, accroupie ou couchée, le balancement de gauche à droite et les mouvements de bascule du bassin avant-arrière vont remettre le bassin dans des axes favorables à l’engagement du bébé. Les positions asymétriques (jambe relevée, pied sur escabeau) aident la tête de bébé à changer d’orientation. La position en décubitus latéral (allongée sur le côté, une jambe relevée à 90°) soulage le dos et agrandit la moitié du bassin coté où bébé doit descendre, facilite sa sortie au détroit inférieur et préserve mieux le périnée. Seul bémol : on ne bénéficie pas de l’aide de la pesanteur. »

* A regarder : dvd « Prendre position », Dr Bernadette de Gasquet

Pour en savoir plus : Descente du bébé dans le bassin : comment ça se passe ? – Magicmaman.com

Accoucher à la maison : quels couples font ce choix et pourquoi ?

Chaque naissance est unique. Pour vivre sereinement cette expérience personnelle, des couples s’engagent dans le choix d’un accouchement à la maison planifié et réfléchi, sous la surveillance rigoureuse d’une sage-femme qui connaît le couple et de ce fait, est la plus à même de détecter l’apparition d’un éventuel problème.

Dans la France rurale des siècles classiques, le suivi de grossesse n’existait pas. C’est à partir du XVIIe siècle que les hommes peuvent être présents lors de l’accouchement lorsque ceux-ci sont compliqués.
Cependant, l’arrivée des hommes dans un environnement traditionnellement féminin bouleverse les pratiques autour de la naissance. Par exemple, la femme ne peut plus prendre la position qui lui convient le mieux pour accoucher. Seule la position sur le dos est autorisée.On observe aussi l’apparition de nouveaux instruments, dont l’utilisation est exclusivement réservée à l’homme, qui permettent l’accouchement d’enfants qui seraient autrefois restés enclavés dans le bassin maternel.

A partir de 1803, les sages-femmes doivent suivre une formation théorique pendant un an.Bien que la formation ne cesse de s’améliorer pendant les deux premiers tiers du 19e siècle, la naissance reste tout de même plus « dangereuse » à l’hôpital qu’à la maison.La fièvre puerpérale est éradiquée en
1950. C’est à partir de ce moment là que l’image de l’hôpital se modifie ; il représente alors un lieu aseptisé où la médecine sauve et guérit. Vers 1840, on découvre le pouvoir des « drogues » anesthésiantes et analgésiques, qui peuvent s’appliquer lors des accouchements.Dès la moitié du XIXe siècle, l’éther, le chloroforme et les sédatifs neurotropes se généralisent.

L’accouchement en milieu médicalisé se généralise dans les années 1920-1930, surtout dans les grandes villes.La diffusion de l’accouchement « sans douleur » proposée par le Dr Fernand Lamaze en 1950 joue un grand rôle dans le déplacement de l’accouchement à domicile vers l’hôpital et les femmes obtiennent le remboursement par la sécurité sociale de six séances de préparation à la naissance.

L’accouchement hors d’une structure hospitalière rassemble deux catégories, d’une part l’accouchement à domicile et d’autre part, l’accouchement en maisons de naissance.

Au Pays-Bas, 30 % des hollandaises accouchent chez elles. Les indicateurs en termes de mortalité et de morbidité sont comparables à ceux de la France.
L’accouchement à la maison n’est proposé que si la grossesse ne présente aucun risque. En effet, l’organisation néerlandaise est basée sur le fait qu’il est possible de séparer facilement les situations normales des situations pathologiques ou à risque, et que, dans ces conditions, rien ne s’oppose à ce que les accouchements normaux se déroulent dans un lieu
non médicalisé, comme le domicile des parents. La parturiente peut donc choisir d’accoucher à domicile/polyclinique
ou en milieu hospitalier si elle appartient à une catégorie sans indication particulière.

En Belgique, selon un rapport du Centre d’informations et de recherches des organisations de consommateurs (CRIOC), environ 4 % des naissances se déroulent à domicile. L’accompagnement d’un AAD par une sage-femme doit répondre à plusieurs critères : la femme ne doit attendre qu’un enfant et celui-ci doit être en présentation céphalique, l’absence d’antécédents gynécologiques, obstétricaux, personnels ou familiaux susceptibles de compliquer la naissance, la grossesse doit être à terme (entre 38 et 42 semaines).

En Allemagne, comme dans la plupart des pays européens, le taux d’AAD est faible, 1 à 2 %. En revanche, sur 10 000 naissances par an hors d’une structure hospitalière,3000 ont lieu à domicile et 7000 en maison de naissance. Cela représente 6,8% des naissances en dehors d’un établissement hospitalier.
Une étude menée sur 42154 naissances à la maison entre 2000 et 2004 ramènent les chiffres suivants : 1/3 des femmes étaient des primipares, 31% des primipares avaient plus de 35 ans et 90% des primipares ont accouché spontanément.
Il y a eu 12,5% de transferts, la plupart du temps pour stagnation de la dilatation. Seulement 1% des accouchements ont nécessité un transfert rapide. 52,7% des femmes transférées ont eu une naissance spontanée. Mortalité périnatale : 0,16%

En 1993, un rapport du Parlement anglais, « changer la naissance », propose une modification de l’organisation des soins. Ce rapport a été établi à partir du constat que l’accouchement en milieu hospitalier n’a pas prouvé sa supériorité en matière de sécurité. A partir de là, les femmes ont donc le droit de choisir leur lieu d’accouchement et l’Etat se
doit de leur offrir ce choix. Il existe une obligation légale pour les hôpitaux de pourvoir à l’accompagnement des femmes qui ont choisi l’AAD par des sages-femmes de leurs services. Dans tout le Royaume-Uni en 2006, 18953 naissances sur 741952 au total ont eu lieu à domicile, augmentation importante de 9,7% mais
cela ne concerne que 2,5% du total des naissances.
En avril 2007, dans une déclaration conjointe, le Collège Royal des Sages-Femmes (RCM) et le Collège Royal des Obstétriciens (RCOG) soutiennent la naissance à domicile pour les femmes ayant des grossesses sans complication. Pour cela, une sélection avisée des grossesses à faible risque est très importante pour minimiser les complications éventuelles. Lorsqu’on étudie les récits des femmes qui ont accouché à domicile, il en ressort un sentiment de plus grand contrôle, de capacité personnelle et d’estime de soi.

L’article 1 de la Charte de l’accouchement à domicile cite que
« la démarche initiale provient du désir du couple »
Ce choix est fait pour différentes raisons :
– 30% évoquent le besoin d’intimité, de respect
– 25% évoquent le côté pratique, commode, la présence de la famille
– 24% évoquent une réduction du stress et une réelle implication
– 11% évoquent un accouchement hospitalier mal vécu
– 10% évoquent un précédent accouchement à domicile bien vécu
– 10% évoquent la peur de l’hôpital, le rejet des protocoles et règlements
– et enfin, 4% évoquent l’accompagnement global et la continuité des soins.

L’OMS propose la définition suivante d’une naissance normale : « Nous définissons une grossesse normale comme une grossesse dont le déclenchement est spontané, le risque est faible dès le début et tout au long du travail et de l’accouchement.
L’enfant naît spontanément en position céphalique du sommet entre les 37e et 42e semaines de gestation. Après la naissance, la mère et le nouveau-né se portent bien. »

L’AAD ne peut être envisagé sans un accompagnement global.
Cela sous-entend que l’accompagnement médical d’une grossesse physiologique doit se faire par une seule et même personne, en général une sage-femme. L’objectif principal est
l’établissement d’une réelle relation de confiance.
Une continuité chronologique des soins est la base de cet accompagnement.Idéalement, il comprend le suivi de la grossesse, l’accouchement, se poursuit au cours de la
surveillance du post-partum et même souvent jusqu’à la rééducation périnéale.
En connaissant l’univers du couple, l’AG apparaît comme un
véritable moyen de prévention pour la femme, comme pour l’enfant. De plus, il respecte un suivi médical réglementé en partenariat avec un réseau de santé indispensable comme
l’échographiste, l’anesthésiste, le gynécologue obstétricien

L’AAD est avant tout le choix de la future mère. Il s’agit d’un désir profond, un choix personnel. Ce choix n’a jamais été induit par la sage-femme. Pour environ 40% de la population étudiée, il s’agit d’une décision de couple même si beaucoup de pères
expriment leur manque d’assurance quand la mère évoque sa volonté d’accoucher à la maison.

Dans 68% des cas, le désir d’un AAD était présent bien avant la grossesse. Les femmes/couples ont donc entamé une réflexion sur la façon dont ils voulaient donner naissance à leur enfant avant leur grossesse, cela montre qu’ils sont impliqués dans les
prises de décisions concernant la maternité.

A partir du moment où le choix d’un AAD est fait, les couples recherchent une SF pour le pratiquer. La majorité des couples l’a trouvée grâce au « bouche à oreille ». Ils connaissent la plupart du temps des couples dans leur entourage ayant accouché à la
maison et se sont donc renseignés auprès d’eux. Une partie des couples s’est tournée vers internet afin d’obtenir des listes de SF pratiquant l’AAD.

I. Brabant s’exprime sur l’atmosphère d’un AAD :
« Il est difficile de décrire l’atmosphère d’un AAD à quelqu’un qui n’y a jamais assisté.Le confort, la présence rassurante des objets familiers, la liberté de changer de pièce,de rentrer pour la troisième fois dans le bain, de prendre l’air quelques instants, de
choisir dans le frigo ce que l’on veut manger, l’extraordinaire force des contractions qui côtoie l’odeur du café qu’on prépare, cet indicible mélange d’intensité et d’ordinaire, tout cela contribue à donner à l’accouchement une saveur unique qui ressemble aux gens qui habitent la maison. Tout se vit simplement dans l’intimité de l’endroit habité par ce couple. Les autres personnes sont tous des invités, y compris la sage-femme, ils sont sur le territoire de ce couple, plutôt que le contraire, et cela donne une perspective particulière à leur présence. Hormis une vigilance discrète, aucune consigne ne vient troubler le déroulement spontané du travail. De plus, la maison offre la possibilité pour le père et les autres personnes de se reposer dans une autre pièce,
de se rafraîchir, de manger, quand le travail est long… ».

En ce qui concerne le père, à la maison il a un rôle actif, il s’implique comme il le souhaite dans la naissance de son enfant. Il n’est pas spectateur de l’accouchement, il représente un grand soutien pendant le travail, aide sa partenaire à gérer les contractions…
Le fait pour le père de trouver sa place à la naissance, l’aide aussi à trouver sa place dans les premiers jours de vie de l’enfant. Rester à la maison préserve le couple, empêche
une coupure entre les nouveaux parents, évite les nombreux trajets à la maternité.

A tout cela s’ajoute l’absence des contraintes d’organisation d’un service de maternité. La période de suites de couches à la maison se fait au rythme des parents : pas de réveil matinal pour refaire la literie, pas d’horaires de repas imposés… Les nouveaux
parents conservent leurs habitudes de vie, leur alimentation. Il arrive parfois qu’ils demandent l’aide d’une tierce personne pour s’occuper des tâches ménagères, pour gérer les aînés.

Les causes de transfert en cours de travail sont soit dues à un travail long et une fatigue maternelle, soit dues à l’apparition d’anomalies dans le déroulement du travail.
Les femmes ayant été transférées pour un travail long et une fatigue maternelle disent l’avoir vécu comme un soulagement.
Même si pour certaines, le transfert à la maternité a été synonyme de déception ou de regret, elles s’étaient préparées à cette éventualité avec la SF et avaient le sentiment d’avoir fait le maximum qu’elles pouvaient.

Pour beaucoup de femmes, la question du lieu de naissance ne se pose pas. Il semble « normal » de se rendre à la maternité pour accoucher.

Cependant, de plus en plus de couples s’interrogent sur la naissance, le sens qu’ils souhaitent lui donner et s’orientent vers l’accompagnement global avec un accouchement à domicile.

Extrait du Mémoire présenté et soutenu par Carole Boudet , en vue de l’obtention du diplôme d’Etat De Sage-Femme
Promotion 2008-2012

L’ocytocine pendant l’accouchement : Etude INSERM

Etude INSERM : l’ocytocine pendant l’accouchement est un facteur de risque indépendant d’hémorragie grave

Les hémorragies graves du post partum ont causé 61 décès maternels en France entre 2001-2006. [1]

Une étude menée par l’INSERM [2] pendant 2 ans en 2004-2006 dans plus de 100 hôpitaux français, a mis en évidence une augmentation significative des hémorragies du post-partum (HPP) graves lorsqu’on administre pendant l’accouchement de l’ocytocine (ou oxytocine, hormone dont la forme de synthèse est le Syntocinon®)

Le risque d’HPP grave est pratiquement doublé en cas d’administration d’ocytocine (X 1,8), il est de surcroît proportionnel à la quantité administrée : quintuplé (X 5,7) pour les plus hautes doses, c’est à dire celle observées dans 10% des accouchements avec ocytocine. [3]

Cependant, l’administration préventive d’ocytocine juste après l’accouchement permet de réduire le risque d’HPP grave et donc de compenser dans une certaine mesure l’augmentation de risque liée à l’administration d’ocytocine pendant le travail, sauf quand les doses administrées pendant l’accouchement sont fortes.

Les maternités doivent en tirer des leçons sans attendre

La volonté des praticiens de contrôler le déroulement de l’accouchement s’est traduite par un recours croissant à un certain nombre de pratiques (déclenchement, accélération du travail) dont l’administration d’ocytocine est une composante essentielle: ceci permet de comprendre que, comme le montre l’étude INSERM, elle soit devenue aujourd’hui une pratique de routine en France concernant ⅔ des accouchements par voie basse.

Compte tenu des risques associés à l’administration d’ocytocine, nous demandons aux professionnels de santé de remettre en question sans tarder les protocoles d’accélération du travail et de réserver les interventions aux situations dans lesquelles elles ont une indication précise et validée. La même modération devrait s’appliquer concernant les déclenchements: en particulier, nous espérons la prise en compte des recommandations du Collège national des gynécologues et obstétriciens français qui font le point sur les plages de déclenchement pour les grossesses prolongées [4].

Eradiquer l’obstétrique du pompier-pyromane

Le mérite de cette étude de l’INSERM a été d’émettre et de tester l’hypothèse, difficilement audible quand l’étude a été lancée en 2005 [5], que des accidents graves pouvaient être causés par les pratiques de ceux-là mêmes qui, ensuite, tentaient de sauver les femmes.

Nous ne doutons pas que les professionnels aient agi en toute bonne foi, suivant le credo de l’obstétrique “plus on intervient, plus c’est sûr”. Cette attitude doit appartenir définitivement à l’histoire et faire place au principe du “primum non nocere”, autrement dit : sur une femme qui va bien, on ne prend pas le risque d’intervenir sans savoir si, vraiment, c’est mieux.

Il faut agir : appel aux agences de santé, sociétés professionnelles, et pouvoirs publics

En coordination avec le collectif des associations et syndicats de sages-femmes, nous avons présenté en juin 2011 un dossier de demande de travaux à la Haute autorité de santé (HAS) sur l’évaluation des interventions et des modalités de surveillance au cours d’un accouchement à bas risque. Nous serons vigilants à ce qu’il y soit donné suite.

Parallèlement, les résultats de l’étude INSERM plaident pour un réexamen sans délai des recommandations sur l’hémorragie du post-partum, élaborées par le CNGOF et validées par la HAS en 2004. Nous déposerons une saisine en ce sens auprès de la HAS.

Le CIANE en appelle aux sociétés savantes – Collège national des gynécologues et obstétriciens français, Collège national des sages-femmes – pour qu’elles attirent dès maintenant l’attention des praticiens sur les risques induits par l’utilisation de l’ocytocine et soutiennent les démarches de révision des recommandations de pratique professionnelle.

Les pouvoirs publics ne peuvent rester inactifs face aux résultats de ces études qui révèlent que des procédures lourdes pour sauver des femmes (transfusions, hystérectomies, admissions en réanimation…) ainsi que les traumatismes et séquelles associées – voire peut-être des décès – sont pour partie la conséquence de pratiques obstétricales utilisées en routine.

Références

[1] Rapport du comité national d’experts sur la mortalité maternelle (CNEMM) 2001-2006. http://www.invs.sante.fr/publications/2010/mortalite_maternelle/rapport_mortalite_maternelle.pdf Sur 61 décès pour hémorragie du post-partum en 2001-2006, 33 ont été expertisés, parmi lesquels 17 font suite à un accouchement par voie basse. Dans 9 cas, il y a eu déclenchement sans indication précise et parfois sans indication du score de Bishop. Analyse clinique pp 23-26

[2] Oxytocin during labour and risk of severe postpartum haemorrhage: a population-based, cohort nested case–control study. Belghiti J et coll. BMJ Open 2011;1:e000514 doi:10.1136/bmjopen-2011-000514 http://dx.doi.org/10.1136/bmjopen-2011-000514 (texte intégral en accès libre)

[3] Il s’agit des risques ajustés. Les autres variables prises en compte : âge maternel, indice de masse corporelle avant la grossesse, antécédent d’hémorragie post-partum, antécédent de curetage de l’utérus, primiparité, déclenchement du travail, fièvre > 38°C pendant le travail, analgésie péridurale, durée de la phase active du travail, durée des efforts expulsifs, âge gestationnel, extraction instrumentale, épisiotomie, déchirure périnéale, poids de naissance. La population exclut les femmes ayant un antécédent de chirurgie utérine dont la césarienne, les grossesses multiples, les morts foetales, les accouchements avant 37 semaines de gestation, les accouchements par césarienne, les femmes ayant des problèmes de santé et des maladies obstétricales (pre-existing conditions, obstetric disease)

[4] J Gynecol Obstet Biol Reprod 2011;40:693-962. Texte court sur le site du CNGOF http://www.cngof.asso.fr/D_TELE/RPC_gr_prolongee_2011.pdf

[5] http://ciane.net/Ciane/DossierHPP

Contact

Chantal Ducroux-Schouwey, 06 77 00 57 61
presse@ciane.net

Les coliques du nourrisson liés aux hormones de l’accouchement

À partir de la 3eme semaine de vie, beaucoup de nourrissons ont régulièrement des crises de pleurs le soir et la nuit. Ces crises sont interprétées par les parents comme des douleurs abdominales.

Cette interprétation n’est certainement pas tout à fait fausse puisque de nouvelles synapses, qui servent de relais pour les informations circulant entre les nerfs et le cerveau, apparaissent au niveau du système nerveux gastro-intestinal. Ainsi le Professeur Emeran Mayer, du Mind-Body Collaborative Research Center de l’Université de Californie, à Los Angeles, a fait des recherches sur la transmission de messages nerveux depuis le ventre jusqu’au cerveau.

Selon Mayer, le système digestif est le “deuxième cerveau” de l’homme. Il est pourvu de tout ce dont a besoin un système nerveux intégré ; d’une certaine manière, on peut dire qu’il pense. 
Le nouveau-né a une perception particulièrement aigüe de ces phénomènes internes car ces sensations sont toutes nouvelles pour lui. Le seuil de réaction au stress et la capacité de l’enfant à le supporter sont déterminés par la nature des hormones sécrétées par la mère au moment de l’accouchement. Un état d’anxiété, l’expérience d’un stress ou une situation d’urgence peuvent causer des crampes intestinales et de la diarrhée, aussi bien chez le bébé que chez l’adulte. Il est probable que le ventre d’un bébé à coliques soit dans un état d’alarme à cause du stress ressenti par la mère avant et pendant l’accouchement.

L’exposition à un stress précoce laisse une profonde empreinte dans les systèmes nerveux cérébral et intestinal et détermine la sensibilité de l’axe intestins-cerveau à vie. Il n’est pas rare que les nourrissons ayant beaucoup souffert de coliques deviennent des adultes au côlon irritable.

Nos émotions s’enracinent dans notre ventre avant de remonter dans notre cerveau qui les interprète en joie, fatigue, bonne ou mauvaise humeur. Le ventre donne l’ambiance.

Il est possible d’inverser de différentes manières les effets négatifs des hormones de stress sécrétées par la mère durant l’accouchement. Plusieurs hydrothérapies comme le Watsu (ou “shiatsu dans l’eau”) ou l’Aquawellness, le yoga ou le massage pour bébé peuvent être utiles. Des cours de bébés nageurs par exemple, soutenus par un remède placentaire qui dispense des hormones de l’amour seront d’une grande efficacité.

Le bébé se souviendra alors de cet amour maternel prénatal, qu’il retrouve aussi pendant la tétée.
On peut aussi préparer une huile dans laquelle on ajoute de la poudre de placenta si on veut suggérer au bébé l’enveloppe maternelle qu’il a perdue à la naissance.”

Extrait tiré du livre, “Le Placenta Rituels et usages thérapeutiques”, Cornelia Enning – Editions du Hêtre